La Fédération du Doubs vous présente sa troisième contribution dans le cadre de ce débat national sur la santé
L’accès aux soins
La renommée internationale du système de santé français, qui n’est plus à démontrer, repose essentiellement sur des valeurs fondamentales notamment l’universalité et la solidarité. Malheureusement nous constatons la croissance fulgurante du nombre de français, qui renoncent aux soins pour des raisons financières.
Nous sommes véritablement atterrés par les attaques itératives du gouvernement, qui mettent à sac cet inestimable legs du CNR, et qui, au fond, remettent en question cet exemple de solidarité nationale. Devons nous rappeler qu’elle est une assurance, garantie à tous, face à la maladie, au handicap, aux accidents du travail… Cet acharnement se décline par la perpétuelle augmentation du ticket modérateur : soit le déremboursement progressif de nombreux médicaments, la hausse régulière du tarif des consultations. Il est à notre avis utile de rappeler également le remboursement dérisoire des soins paramédicaux (optique, odontologique, audiophonologique…). Cette grave politique de destruction offre aujourd’hui un boulevard au secteur privé, qui ne se gêne pas de pratiquer des dépassements d’honoraires exorbitants ; mais aussi aux assurances de santé (lucratives), qui obtiendront peut être de Bruxelles, la dissolution du système mutualiste français (non lucratif). Cette hausse des coûts empêchent un suivi correct et limite l’action des soignants dans leur rôle de prévention : c’est un véritable problème de santé publique.
Ainsi, il nous semble urgent de repenser le mode de paiements des soins, en commençant par supprimer la tarification à l’acte, qui promeut la médecine technique au détriment d’une prise en charge globale (problèmes sociaux, détresse psychologique…), en instaurant une tarification au forfait, justifié notamment par l’augmentation des maladies chroniques. Elle a également entrainé un consumérisme de la santé où les plus riches achètent des lunettes, partent en cure, se font refaire le menton… et les plus pauvres renoncent aux examens onéreux mais malheureusement utiles. Il faut également réinvestir dans les campagnes de santé publique qui permettent de diminuer l’incidence de plusieurs maladies et par la même occasion les coûts. De plus, il est essentiel de responsabiliser les français quant à leurs demandes de soins, leur explique que « les antibiotiques c’est pas automatique » et plus encore ; mais surtout inciter les médecins à ne prescrire que les médicaments nécessaires et ne plus remplir les “armoires des français“. En limitant le nombre d’intervention des visiteurs médicaux auprès des médecins, et en règlementant le contenu de leurs présentations, exclusivement consacrées aux nouvelles molécules, car leur seul but est de les convaincre de prescrire les médicaments qu’ils présentent et implicitement d’en prescrire le plus possible.
On ne peut pas négliger aujourd’hui que l’innovation médicale technologique, le vieillissement de la population imposent des dépenses croissantes, ni ignorer le déficit de la Sécurité Sociale. Néanmoins, nous n’acceptons pas que le gouvernement use de ces arguments pou renoncer à l’accès au soin pour tous et casser des acquis en ce domaine. Nous croyons qu’il est possible de recourir à des ressources provenant d’autres secteurs économiques afin que les patients ne souffrent pas du contexte économique, tout en veillant à la bonne gestion des budgets.
