L'éducation
Depuis sa prise de fonction le 16 mai 2007 N.Sarkozy et les gouvernements Fillon en bons libéraux n'ont cessé de démanteler notre système éducatif. Ils ont ainsi perpétué avec frénésie une tradition de la droite dans laquelle s'étaient déjà illustrés De Villepin, Raffarin, Juppé et consorts. En 2011 l'Éducation Nationale est amputée de 16 000 postes supplémentaires. Ces nouvelles mesures du gouvernement portent en tout à 66 000 le nombre de postes supprimés dans l'éducation depuis l'avènement de l'ère Sarkozy en 2007. Le chiffre est considérable et représente 8 % des effectifs. Le travail de sape du gouvernement ne s'arrêtera pas là, 20 000 suppressions supplémentaires sont déjà prévues pour 2012.
En supprimant massivement des postes dans l'enseignement, le président de la France démolit une part de notre histoire commune, le combat de plusieurs générations qui se sont efforcées de construire un modèle éducatif le plus parfait possible pour les enfants de notre pays. C’est au XVIIIe siècle que certains penseurs des Lumières énoncèrent pour la première fois les règles de l'obligation, de la gratuité scolaire. Ils revendiquèrent pour l'Etat la direction des écoles, réclamant une éducation adaptée aux besoins du pays. Rendons hommage à ces hommes illustres, à Diderot qui en grand précurseur écrivait que « du premier ministre jusqu'au dernier des paysans, il est bon que chacun sache lire et écrire, compter ». Rendons hommage aux lois de 1881 et de 1882 qui plus d'un siècle plus tard instauraient la gratuité de l'instruction primaire, l'école laïque et allongeaient le temps scolaire.
L'histoire de l'éducation a été faite du progrès d'un système permettant à chacun des enfants de la République l'accès au savoir. Aujourd'hui le système éducatif français, cassé, abîmé, recule au classement des systèmes éducatifs du monde, et ne figure pas parmi les 20 premiers. Nous ne pouvons pas laisser notre éducation tomber en ruine sous les coups de la droite. Il semble grand temps d'empêcher la casse de l'éducation publique, mais aussi de proposer ensemble de nouvelles mesures pour améliorer notre système éducatif.
En plus des propositions du MJS sur l'éducation, nous proposons quelques autres idées.
· Il nous faut prendre des mesures concrètes pour favoriser l'égalité des chances. Pour cela, nous proposons de faire intervenir un enseignant supplémentaire en classe une (voire plusieurs) demi-journée(s) par semaine pour travailler les apprentissages de la semaine en formant deux groupes de travail hétérogènes (élèves en réussite et élèves en échec mélangés), chaque groupe étant pris en charge par un enseignant. Ainsi, le soutien ne prend pas la forme d'une charge de travail supplémentaire pour l'élève en difficulté, et la présence d'un autre enseignant permet de varier les pratiques pédagogiques.
· Le lien entre parents, professeurs élèves doit être ré-imaginé. Celui-ci n'existe que jusqu'à la fin du primaire. Lors du cursus primaire, les parents ont accès facilement aux maîtres lors des sorties d'écoles. Ils peuvent ainsi suivre facilement les progrès de leurs enfants. Il convient donc d'imaginer un système pour réhabiliter la place du parent au niveau du collège comme du lycée. Pour cela nous proposons de réserver une heure du temps de travail de l'enseignant de secondaire (18h/semaine en classe) à la rencontre de parents sur rendez-vous. (important que ce soit sur rendez-vous : l'enseignant pourra réfléchir à ce qu'il a à dire, l'échange sera plus profond et constructif et a plus de chances de déboucher sur du concret), mais également que les parents soient avertis automatiquement lors de l'obtention par l'élève de tout résultat inférieur à la moyenne. Les parents doivent pouvoir suivre leurs enfants chaque jour. Tout doit être mis en œuvre pour que tous les acteurs de la réussite se sentent le plus possibles concernés. Nous proposons que les professeurs convoquent les parents dès que l'élève rencontre des difficultés. Il n'est pas utile d'attendre la fin du trimestre pour que les parents apprennent les notes de leurs enfants. L'éducation nationale doit aussi promouvoir le contrôle de l'apprentissage des leçons et des devoirs auprès des parents d'élèves. Enfin il convient de généraliser la présence des élèves au conseil de classe afin de les placer devant leurs responsabilités très tôt.
· Un autre enjeu est de faire de l'école un élément central du modèle républicain. Nous proposons pour cela de créer des cours d'éducation républicaine, tout au long de la scolarité, en lieu et place des cours d'éducation civique. Ceux-ci auront pour but de permettre l'acquisition des valeurs républicaines, l'apprentissage des institutions, l'explication de la politique par des programmes établis. Il faudra veiller à ce que ce changement programmatique soit obligatoire dans tous les établissements sous contrat, tant publics que privés. Veiller également à ce que le contenu programmatique de cette nouvelle matière, en plus de reprendre le contenu pertinent de l'instruction civique, soit établi par des chercheurs, enseignants et spécialistes et non par les députés. En effet les valeurs républicaines dignes d'être enseignées ne devront pas être sans cesse redéfinies à chaque changement de majorité mais fixées par des spécialistes aux compétences reconnues.
