26 oct. 2010

La santé ne doit pas être une marchandise


Ce troisième débat portait sur la santé, voici donc la deuxième contribution de la Fédération du Doubs :


La santé ne doit pas être une marchandise

Aujourd'hui 23% des hospitalisations se font dans des cliniques privées à but lucratif * et ce chiffre tend à augmenter. Toutes ces cliniques appartiennent à des grandes multinationales pharmaceutiques, dont le seul objectif  est de maximiser les profits, en pratiquant les actes les plus courants, donc les plus rentables, et en externalisant les examens complémentaires. A l'opposé, l'hôpital public prend en charge l'ensemble des coûts de la Santé, quelqu'en soient les prestations, notamment les plus lourdes : les urgences, les soins palliatifs... Dans la logique de continuité des services publics, l'hôpital doit assurer une capacité d'accueil minimum, ce qui n'est pas le cas des cliniques privées, les deux statuts ne sont donc pas sur un pied d'égalité, pourtant les critères de financements sont les mêmes.
             Comment s'étonner alors des déficits abyssaux des hôpitaux publics ! De plus, les médecins les plus réputés (et autre personnel) qui souhaitent avoir une meilleure rémunération, profitent de ce système en travaillant pour les cliniques privées (entrainant avec eux leur clientèle constituée dans le secteur public) où ces dernières engrangent les bénéfices et les hôpitaux publics épongent les dettes. Il est inacceptable de constater la conséquence directe d'une médecine à plusieurs vitesses, aggravant la précarisation des personnes qui auraient le plus besoin de conditions de soin de qualité.            
          Les jeunes socialistes réaffirment l'égalité pour tous du droit à une Santé de qualité ! Nous réaffirmons aussi que la Santé ne doit pas être un secteur lucratif et dénoncent toutes les politiques idéologiques qui iraient dans ce sens ! L'argent public ne doit pas servir les finances privées, nous demandons donc naturellement le déremboursement des prestations effectuées dans les cliniques privées, sauf entente préalable avec la sécurité sociale. Nous souhaitons l'équilibre des comptes, mais nous nous opposons à la rentabilité ! L'exemple type de loi HPST qui incite à tarifer le plus d'actes possibles pour faire des bénéfices, entraine l'incroyable non sens de creuser le trou de la sécurité sociale, puisque c'est elle qui en assure les remboursements. En terme d'économie, il faut réguler la médecine de ville et la médecine hospitalière, en proposant une offre de soin sur la ville qui corresponde aux besoins de la population, afin que l'hôpital ne soit pas le lieu où se décharge toutes les responsabilités. Il faut aussi entreprendre des politiques de prévention résolues, orientées vers la responsabilisation des individus. Pour finir, la fonction d'un directeur d'hôpital n'est pas celle d'un chef d'entreprise, nous demandons d'avantage de transparence, de démocratie et de représentativité dans les comités médicaux.

* : Comprendre cliniques privées à but lucratif, à chaque fois