Dans le cadre de ce troisième débat Perspectives 2012 sur la santé, la Fédération du Doubs est fière de présenter quatre textes. Voici le premier ci-dessous, les autres suivront au cours de la semaine à venir.
Pour une meilleure démographie médicale.
L’accès aux soins doit être un droit pour tous, quel que soit le territoire où l’on vit. Or, force est de constater qu’aujourd’hui en France, il existe des déserts médicaux, notamment sur des territoires
très ruraux que l’on a l’habitude de citer mais aussi dans certaines zones urbaines dites « sensibles ».
Afin de garantir pour tous un accès égal aux soins, nous sommes favorables à l’augmentation du numérus clausus dans les facultés de médecine (qui permettra à terme de combler notre déficit en médecins, avec la garantie d’un même niveau de qualité) mais cette mesure à elle seule ne permettra pas une vraie régulation de l’installation des médecins, elle doit s’accompagner d’autres mesures.
La formation des médecins, longue et onéreuse, étant largement financée par l’Etat, comme les autres études universitaires, leurs revenus étant, au moins pour partie assurés par la solidarité nationale, il ne nous paraît pas injuste de demander aux jeunes médecins des contreparties, via un système combinant à la fois coercition et incitation. On pourrait imaginer un système dans lequel les médecins « devraient » trois, quatre voir cinq années d’exercice à la collectivité nationale. Ainsi, ils auraient l’obligation de s’installer dans des zones sous-dotées en médecins. Leur affectation ne se ferait pas au hasard, on pourrait établir une carte des territoires permettant à ces jeunes praticiens de ne pas être trop éloignés de leur région d’origine. Une fois la situation de crise que nous connaissons passée et la démographie médicale régulée, cette mesure coercitive pourrait être abandonnée. Cette mesure doit s’accompagner d’une réforme globale des études médicales
Par ailleurs, ces médecins affectés dans des zones plus difficiles et qu’ils n’auraient pas choisies, pourraient avoir des contreparties : l’Etat s’assurerait qu’un médecin ne soit pas seul là où il en faut trois. Un schéma de maisons de santé serait organisé sur des bassins de populations déterminés, chaque bassin ayant pour centre de gravité un hôpital général, autour duquel seraient organisés les soins. Ces Maisons de Santé permettraient aux médecins de travailler en lien direct avec des médecins d’autres spécialités, des infirmières, des kinésithérapeutes et des laboratoires d’analyses ; ce qui assurerait des soins de qualités à la population sur tout le territoire. Ces maisons de santé ne devront pas être uniquement un lieu où seraient juxtaposés des professionnels de santé mais bien une entité pleine et entière œuvrant dans le même sens. Pour cela il nous paraît important que ces professionnels de santé soient salariés de la Maison de Santé. Enfin, n’oublions pas que les études médicales sont longues et demandent un vrai engagement, il est donc normal que la rémunération des jeunes médecins soit à la hauteur de leur qualification.
Il nous paraît également nécessaire de rappeler le rôle fondamental du médecin généraliste dans la médecine de premier recours et de lui donner vraiment les moyens d’assurer ses missions de soins, de prévention et de coordination des soins.
